
Kahramanmaraş, Turquie du 6 au 13 février 2023
Le 6 février 2023, la terre tremble. Deux séismes de magnitude 7.7 et 7.6 ébranlent la province de Kahramanmaras, au sud de la Turquie. Plus de 3000 immeubles se sont effondrés, et 45 000 morts et 100 000 blessés sont annoncés. PUI donne l’alerte à ses équipes quelques heures plus tard, et dès le lendemain matin, une équipe de 36 personnes est engagée.
Les conditions sur place sont extrêmement difficiles, avec des températures descendant sous les -10°C la nuit. La tempête de neige annoncée lors du départ n’a pas entamé la motivation des équipes, qui, après avoir préparé deux tonnes de matériel, se sont envolées pour rejoindre la province de Gaziantep. Le 8 février, l’équipe, composée de pompiers, pilotes de drones, logisticiens, d’une infirmière, un médecin et trois maitres-chiens arrive sur les lieux du drame. « C’était le chaos. Vous imaginez le centre-ville d’une très grande ville avec des immeubles d’habitation partout, avec une forte densité. Vous imaginez tous les immeubles qui sont réduits à une hauteur de trois ou quatre mètres, les étages ensevelis, accumulés les uns sur les autres, des victimes qui ont tout perdu, des sinistrés qui sont devant ces immeubles à attendre un signe de survie ! (Victor Martinez et Gilles Sabatier) ».
Outre les conditions climatiques dégradées, qui ne permettaient pas de repos efficace pour les équipes et complexifiaient l’utilisation du matériel, les sauveteurs ont été confrontés à la détresse des habitants qui cherchaient désespérément leurs proches. « A notre arrivée à Kahramanmaras, on voit des gens totalement désœuvrés, dans la rue, sous des couvertures, avec des températures extrêmes, face à leurs anciennes maisons et qui sont dans l’attente de retrouver des membres de leurs familles » (Stéphane Giacoletto). « On nous informe qu’une personne est ensevelie dans les décombres d’un immeuble. Les chiens nous confirment sa présence et on doit y aller. On n’a même pas le temps de se préparer, on fonce » (Aurélien Berger). Les USAR, experts du sauvetage déblaiement combinent alors les expertises : percement, étaiement… Ils utilisent aussi du matériel d’écoute et des caméras miniature pour localiser les victimes. Les opérations de sauvetage sont longues, et particulièrement difficiles et périlleuses du fait des conditions climatiques. A la difficulté de faire les choix de zones de recherche, attestant des grandes capacités de résilience de l’équipe, s’est mêlée la joie de sortir des victimes vivantes des décombres. Ainsi, 3500 heures de recherche acharnées sur vingt sites explorés ont porté leurs fruits : deux victimes ont été sauvées, une femme de 62 ans et une adolescente de 16 ans. La sexagénaire était coincée depuis trois jours dans un amas de ferraille, et l’adolescente était prisonnière sous des morceaux de béton, entre deux étages d’un immeuble écroulé.
Certains sauvetages ont eu une issue plus tragique : les bénévoles ont aussi extrait les corps de victimes décédées, notamment un bébé, ce qui a profondément affecté les équipes. Mais au regret de ne pas avoir pu les sauver succède la consolation de pouvoir remettre les corps des personnes décédées à leur famille, afin qu’elles puissent faire leur deuil dans le respect de la tradition musulmane. « Pendant une semaine, nous avons travaillé sans relâche 24 heures sur 24. Les habitants nous ont très bien accueillis alors qu’ils ont tout perdu. Ceux qui étaient au pied des immeubles nous ont amené à manger et nous ont aidés à porter le matériel » (Philippe Besson).
Le 13 février, l’équipe est démobilisée et prend le chemin du retour. « Au plus fort de leur engagement, les équipes ont été soudées plus que jamais et se sont recentrées sur les valeurs humaines pour résister aux conditions de vie très difficiles » (Actu Toulouse 24/02/23, SDIS31). Cette mission, « la plus dure qu’on ait jamais eu depuis 2004 » (Philippe Besson) aura mobilisé, sous le signe de la solidarité, une équipe de 36 sauveteurs issus de 19 départements.
















